30 octobre 2016

Manouchian un sage ....

amanouchian

Évoquer Manouchian me donne des frissons .... J'ai 13 ans quand je lis pour la première fois un livre sur "L'affiche rouge" et je me souviens de mes larmes quand je me plonge dans ce livre ...

Missak Manouchian ce poète français d'origine arménienne, est mort pour nous, fusillé le 21 février 1944 au fort du Mont-Valérien à l'âge de 37 ans ... résistant, communiste, poète avec 22 autres camarades ...

Voilà la lettre magnifique que Missak écrit à Mélinée, celle dont il est amoureux, sa femme .... c'est un véritable sage et un homme qui pour moi est important ... Merci Missak ... Le seul regret qui m'envahit c'est que nous ne savons pas, nous les nouvelles générations, prendre soin de cette liberté pour laquelle, lui et plein d'autres sont morts : La Liberté ... notre Liberté .... 

Lettre suivie du poème d'Aragon : L'Affiche Rouge !

alettremanouchian

Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,

 

Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être
fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma
vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.

 

Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

 

Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je
meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous
survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis
sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront
honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je
n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit,
chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple
allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après
la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret
profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un
enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier
après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour
accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre
heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta soeur
et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de
pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de
l'armée française de la libération.

 

Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes
et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible
à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure
avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien
tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je
l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en
regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai
adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis.
Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du
mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous
ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sour et tous les amis qui
me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon coeur. Adieu.


Ton ami, ton camarade, ton mari.

 

Manouchian Michel.

 

P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu
peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M.

L'affiche rouge

Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE

Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

 

Louis Aragon

 

A noter que le père de Missak est mort en déportation en 1915 lors du génocide exercé contre les arméniens et que sa mère est morte quelques temps après, de la famine, il reste donc seul avec son frère .... 

A jamais dans ma mémoire ... 

Véronique Blandin

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29 octobre 2016

Quand la vie ..... "On ne sait jamais ni le bruit ni la couleur des choses... "

avril_1969

Quand la vie n'est pas une ligne droite sans aspérité,

Quand la vie vous joue des tours sans détour,

Quand la vie s'agite comme farfadet après l'orage,

Quand la vie se fait serpent silencieux,

Quoi qu'il arrive on est toujours ce que l'on est,

Quoi qu'il arrive ne jamais oublier d'où l'on vient,

Quoi qu'il arrive resté soi ....

 

 

Véronique Blandin

 

 

 

 

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28 octobre 2016

Seulement...

aasepa

Seulement un regard, 
Une musique légère,
Un froissement de tissu,

Seulement un mot,
Un murmure délicat,
Une chanson douce,

Seulement une main,
Une caresse subtile,
Un parfum capiteux,

Seulement une ambiance,
Un furtif échange,
Un entrebâillement sur la chambre,

Seulement quelques heures,
Tout au plus une journée,
Un claquement de doigt,

Seulement sur les lèvres,
Un baiser volé,
Les yeux baissés,

Tout cela délicieux,
Tout cela si charmant,
C'est l'amour naissant,
Seulement  je te cherche incertain ....

Véronique Blandin

 

 

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27 octobre 2016

Ballade en compagnie de Serge Gainsbourg....

aaagains

Parce que cet après-midi, je l'ai évoqué avec mon ami  Michel, j'ai eu envie de faire un petit clin d'oeil à Serge Gainsbourg...

Parce qu'il est un grand artiste, un peintre, un photographe, un chanteur, un poète, un pianiste hors pair .... et qu'il admirait Chopin (comme moi)...

Parce qu'il était tout sauf celui qu'il voulait bien afficher ... 

Alors pour toutes ses raisons quelques chansons et autres documents ...(et j'oubliais dans les derniers mois de sa vie, il était un grand ami de Jules Roy ....A lire dans les Mémoires Barbares de ce dernier .... un autre grand "mon" Julius .... )

 "Ce qui ne s'est jamais laissé enchaîner, ne saura jamais ce qu'ai la liberté " Serge Gainsbourg

 Véronique Blandin

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26 octobre 2016

A vos stylos, à vos crayons, à vos plumes... à votre imagination : concours amateur de nouvelles d'Ecrire sous les Halles ...

afficheconcours2017

Oui le 21 éme concours de nouvelles a été dévoilé, Écrire sous les Halles cette année a choisi le thème :"Une goutte d'eau suffit" !

Alors vite n'hésitez pas à écrire et nous envoyer vos nouvelles ....

De la classe de 5éme en passant par le lycée et bien sûr les adultes, vous avez jusqu'au 16 janvier 2017 pour nous faire parvenir vos écrits ... 

Tous les détails du réglement et les diverses informations sur le site de Lire sous les halles dont voilà ci-dessous le lien : 

http://liresousleshalles.eklablog.com/

Ou sur le blog de Jean-Noël Leblanc : 

http://jnleblanc.canalblog.com/

areg2017con

 

Les résultats du concours seront dévoilé le dimanche 21 mai 2017 lors du salon de la nouvelle ...

Vite écrivez ....

Véronique Blandin

 

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25 octobre 2016

C'est dans les mêmes wagons...

 

 

ailleurs

C'est dans les mêmes wagons,
Que vous pousse l'Histoire,

Qu'on vous appelle Amara, Samuel ou bien Sarah,
Amédé ou Kunta Kinté,

C'est dans les mêmes wagons,
Qu'on vous amasse comme balle de coton,

Que ce soit d'Alep, de Phnom Penh, ou de l'île de Gorée,
Ou même de Varsovie,

C'est dans les mêmes wagons,
Que vos pleurs s'évanouissent,

Que ce soit la force, ou bien la volonté,
Qui vous font fuir l'horreur ou l'oppresseur qui vous y a jetés,

C'est dans les mêmes wagons,
Que vous attendez votre heure,

Peu importe le temps, l'époque, les hommes et les enfants,
C'est le même malheur qui fait couler leur sang,

C'est dans les mêmes wagons,
Que vous tendez la main,

Vous êtes désarmés,
Et pourtant on vous craint,

C'est dans les mêmes wagons,
Qu'on vous oublie trop vite,

Ceux qui se disent des hommes,
Ceux qui vous rejettent avec force,

Savent-ils qu'un jour, 
On pourrait les pousser,

Dans ces mêmes wagons,
Qu'aujourd'hui ils ignorent ?

Véronique Blandin

 

 

 

 

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24 octobre 2016

L'homme effacé....

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Il a cherché tant et plus,
Un regard, des égards,

Finalement résigné,
Il s'est posé là,

Le visage buriné, les mains tannées,
La couleur de ses yeux n'avait pas changée,

Plus de nom, 
Sa mémoire s'amenuise comme peau de chagrin,

Sa barbe grisonnante,
Cache des lèvres asséchées,

Les mots rares et malhabiles,
Ne sonnent plus au milieu du tumulte de la ville, de sa vie,

Il s'arrange avec l'hiver,
S'endort plus léger au coeur de l'été,

Mais inlassablement, inexorablement,
A vos yeux indifférents, 

Il restera toujours injustement,
A vous nantis, manants, ventripotents arogants,

Rien qu'un vilain insignifiant
Rien qu'un paumé,

Un pauvre erre chiffonné,
Moins  qu'un homme,

Tout juste un homme effacé....

Véronique Blandin

 

 

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23 octobre 2016

Sur mon île ...

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Ton écrin minuscule,
Pris entre Océan et ciel sans tourment,
Ton orient sablonneux,
Me donnera la douceur,
Ta côte sauvage,
Me donnera l'embrun vivifiant,

Ma petit île du Ponant,
C'est là que je poserai mes valises,
Lourdes du temps,
Tous les chemins m'ont menée à toi,
Mon coeur a battu de ces vagues,
Qui t'ont façonnée, déchiquetée élégamment,

Tes ruelles étroites,
Aux maisons blanches éclatantes,
Veines mouchetées de bleu, de roses,
D'hortensias pimpants,
Me mèneront toujours,
Vers l'Océan mon amoureux fidèle,

Et un matin sans bruit,
Je me glisserai doucement,
A la pointe de ta côté dentelée...

 

Véronique Blandin

 

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22 octobre 2016

Un jour un destin, Jean Ferrat ...Compagnon de route ...

 

aferrat2016

 

Jean Ferrat n'aimait pas qu'on dise de lui qu'il était un chanteur ! Il se disait "un homme qui chante" et cette formule me plaît beaucoup!

Comme vous le savez tous, Jean Ferrat ce n'est pas n'importe qui. Il est mon père spirituel, mon maître à penser, mon guide ... mon compagnon de route. J'ai eu l'immense chance d'échanger avec lui à travers des lettres ... Il manquera toujours à ma vie La Rencontre .... Mais chaque jour qui naît il y a Jean pas très loin... Pas un jour sans une chanson qui remonte à la surface .... Pas un jour sans me rappeler ses mots. Et si je dévie je repense à lui et je suis de nouveau moi-même ... 

Il était fidèle à ses valeurs, fidèles à ses amis, sa montagne, aux gens qu'il aimait ... 

Dimanche soir à 22 h 50 sur France 2, Laurent Delahousse nous présentera : Un jour un destin, compagnon de route...

En écrivant ces quelques lignes, je sens les larmes pointer. Mon fils m'a dit tout à l'heure : "Tu ne pleureras pas maman, dimanche soir..." ! Je ne sais pas. Il y a eu la vie avant la mort de Jean Ferrat et la vie après ... cette dernière lettre jamais postée, restée ce matin du 13 mars 2010 sur mon bureau ... J'avais tant à lui dire encore ...

Jean ce n'est pas que la chanson : La montagne !! Il y en a tant à son répertoire, toujours d'actualité ... des moins connues etc Je suis intarrissable sur son répertoire et sur l'homme qu'il était ....

Il me guidera toujours, son chant sera toujours un ruisseau  ! Je t'aime Jean....

 

 

Véronique Blandin

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21 octobre 2016

Et je m'y tiens ....

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Pour entendre les uns les autres discourir et  débattre sur l'écriture, sur le fait d'être ou pas des écrivains, je préfère écrire tout simplement ....

J'aime mieux être fidèle à mes valeurs, à mes idéaux ... 

J'écris et ça me donne tant .... 

Si mes mots touchent un peu les gens, j'ai tout gagné .... Le reste ce n'est  que blablas inutiles....

"Il ne faut jamais faire de la littérature, il faut écrire et ce n'est pas pareil." Christian Bobin

 

Véronique Blandin

 

 

 

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