17 juin 2018

Si tous les hommes étaient comme mon père....

papa_1935

Photo de 1935  photo familiale

Ce petit bonhomme du haut de ses quatre ans , au menton volontaire, aux genoux écorchés, protégeant son ourson ... c'est mon père !

Je mesure chaque jour le bonheur que j'ai de l'avoir encore, même si 86 ans c'est pas rien comme il dit ...

Tu en as vu des choses , vécu depuis ton enfance place Hanoteau (les cavalcades avec Jean-William, et Claude ..., l'école de Lakanal et tes instituteurs d'une autre époque ... ), puis la guerre ... quand tu parles d'Yvon Papier qui avait ton âge, je vois tes yeux s'embuer ....  Et à 18 ans ton engagement chez les pompiers ... tu n'y a pas fait "long feu" (ta seule et première "cuite " comme tu dis) ... et ton tour de France à vélo au même âge avec un de tes amis, vous deviez partir à 10 et le jour du départ vous n'étiez plus que deux ... mais vous êtes partis... Puis vient le temps de l'armée, pendant deux ans en Allemagne 1952... une Allemagne encore bien marquée par la guerre ... tu y étais Sergent .... Puis ton travail de tailleur appris avec ton père, mon grand-père Gilbert .... tu travailles à Paray-le-Monial et un jour tu rencontres maman ... 1955 vous vous mariez pour ne plus jamais vous séparer ... et 1957 ... ma soeur ... 1969 "l'accident" arrive ... c'était pas gagné nous deux ... tu avais peur ... peur de ne pas pouvoir m'élever ... Mais quand j'ai pointé mon nez en février tout a changé ... de la rue des Quatre Vents en repassant place Hanoteau ... tu as fait construire à Saint-Maurice ... pour mon plus grand bonheur .. moi la sauvageonne qui n'entend rien à la ville et grâce à toi et bien sûr à maman, j'ai vécu la plus belle des enfances .... entre mon vélo, mes livres et ma Chouquette ... je ne demandais rien d'autre à la vie ... quelques séjours en Vendée, où tu me mettais sur ton dos pour nager dans l'océan dont je suis follement amoureuse ... ta présence quand je passais du temps à l'hôpital ... et puis tant et tant de choses ... Je te revois encore sur ta mobylette, ton casque jaune sur la tête partant pour l'usine par tous les temps sans jamais te plaindre ... parce qu'il fallait bien vivre ... le métier de tailleur se perdait ... ton jardin ... ta curiosité pour tout (curiosité dans le bon sens du terme ... les musées, les voyage etc)  le cinéma , Reggiani, Ferrat ... de Funés ...

Maintenant tu es là , toujours quoi qu'il arrive, quoi que je fasse ... même si je suis la reine pour faire les pires  bêtises ... tu es là ... et tu es le plus beau modèle pour ton petit Melvin ...

Tu en as vu partir des amis, des proches, et surtout maman que tu aimes encore tellement au-delà de la mort ...

Alors oui si tout les hommes étaient comme toi papa ....

Tu ne m'as jamais dit que tu m'aimais et moi je ne te l'ai jamais dit non plus, c'est notre pudeur de Morvandiaux qui veut ça ....

On m'a demandé récemment pourquoi j'écrivais ... je pense qu'une des principales raisons et celle-ci ... pour dire à mon père combien je l'aime ....

Véro

 

Posté par veromel58 à 10:14 - Commentaires [1] - Permalien [#]