
Oui aujourd'hui nous sommes le 11 novembre 2015 ! Il y a 100 ans une terrible guerre se déroulait !
Je n'ai guère que l'écriture pour exprimer ce que je ressens !
Je pense à ces jeunes fauchés dans leur belle jeunesse !
Je pense à toi Narcisse, mon arrière-grand père ! Tu as survécu 22 ans avec 80 éclats d'obus dans un bras , et dans le corps et un oeil de verre , une gueule cassée comme on les a appelés! Buvant de l'ether pour tenter de calmer tes douleurs , l'enfer des tranchées t'ont suivis inlassablement ! C'est en 1934, que la mort t'a soulagée ! Maman avait 2 ans !!
A vous tous, un de mes textes (primés au Poésiades de Bayonne 2013 : Mention d'Excellence ! )
Je ne suis capable que d'écrire , c'est bien peu de chose !! Je ne sais pas si je le fais bien , mais c'est pour vous ! Oui pour vous ! Car c'est grâce à vous que nous sommes libres !!!
Dans mon futur recueil de nouvelles, un texte sera dédié à mon arrière-grand père !
Sur mes genoux posée ….
Le dernier soir venu,
Il ne restera qu'une vieille rose fanée,
Posée sur mes genoux osseux.
Mes mains auront effleuré une ultime fois, doucement,
Les pétales devenus fragiles, aux couleurs passées !
L'odeur délicate, jadis m'envoûtait.
Toujours dans mes souvenirs elle est restée présente et enivrante...
Cette rose était le témoin de votre amour timide et pourtant enflammé.
Je l'ai trouvée, déposée furtivement sur le rebord de ma fenêtre,
Bien après votre départ, avec ce petit papier écrit de votre écriture fine et raffinée !
J'ai attendu votre retour avec cette rose devant mes yeux,
Synonyme pour moi d'espoir, de bonheur lorsqu'enfin je pourrais vous retrouver !
Ce petit mot relu sans fin entre mes doigts !
Puis un jour sur le monument de marbre froid,
Un burin assassin a résonné sur la place du village !
Un homme a inscrit votre nom parmi tout ceux de votre âge, vos amis, vos frères !
J'ai pris alors la rose entre mes doigts, serrée si fort....
Une de ses épines a fait perler mon sang du bout de mon index droit.
Une larme chaude et silencieuse a coulé le long de ma joue.
Moi seule savais pourquoi à jamais,
Je ne pourrais plus accepter une autre rose.
J'ai posé votre fleur dans un coffre en bois,
En bois de rose... avec votre billet doux...
Mon doigt a vite guéri de cette minuscule blessure d'épine,
Mais à jamais mon cœur a saigné.
Jusqu'à ce jour où mes mains ridées,
Ont pris la rose dans le coffre ainsi que le petit billet tâché d'une goutte rouge,
Pour les voir avant que mes yeux se ferment éternellement !
Mon cœur ne saignait plus alors,
Il était de nouveau apaisé,
On allait se retrouver enfin sur le chemin,
Le chemin où vous m'attendez depuis tout ce temps,
Le chemin jonché de pétales de roses, de vos baisers, de vos regards amoureux ...
Véronique Blandin
Parole di Michelle Senlis
Musica di Jean Ferrat