
Le dernier soir venu,
Il ne restera qu'une vieille rose fanée,
Posée sur mes genoux osseux.
Mes mains auront effleuré une ultime fois, doucement,
Les pétales devenus fragiles, aux couleurs passées !
L'odeur délicate, jadis m'envoutait.
Toujours dans mes souvenirs elle est restée présente et enivrante...
Cette rose était le témoin de votre amour timide et pourtant enflammé.
Je l'ai trouvée, déposée furtivement sur le rebord de ma fenêtre,
Bien après votre départ, avec ce petit papier écrit de votre écriture fine et raffinée !
J'ai attendu votre retour avec cette rose devant mes yeux,
Synonyme pour moi d'espoir, de bonheur lorsqu'enfin je pourrais vous retrouver !
Ce petit mot relu sans fin entre mes doigts !
Puis un jour sur le monument de marbre froid,
Un burin assassin a résonné sur la place du village !
Un homme a inscrit votre nom parmi tout ceux de votre âge, vos amis, vos frères !
J'ai pris alors la rose entre mes doigts, serrée si fort....
Une de ses épines a fait perler mon sang du bout de mon index droit.
Une larme chaude et silencieuse a coulé le long de ma joue.
Moi seule savais pourquoi à jamais,
Je ne pourrais plus accepter une autre rose.
J'ai posé votre fleur dans un coffre en bois,
En bois de rose... avec votre billet doux...
Mon doigt a vite guéri de cette minuscule blessure d'épine,
Mais à jamais mon coeur a saigné.
Jusqu'à ce jour où mes mains ridées,
Ont pris la rose dans le coffre ainsi que le petit billet tâché d'une goutte rouge,
Pour les voir avant que mes yeux se ferment éternellement !
Mon coeur ne saignait plus alors,
Il était de nouveau apaisé,
On allait se retrouver enfin sur le chemin,
Le chemin où vous m'attendez depuis tout ce temps,
Le chemin jonché de pétales de roses, de vos baisers, de vos regards amoureux ...

Véronique Blandin