sdf

Il a toujours le même visage,

Sec et ridé d'avoir trop vécu,

Dans cette rue paumée,

Il a toujours les mêmes mains,

Tremblantes et tordues,

Gantées miséreuses,

Il a toujours la même larme,

Vissée au coin des yeux,

Mais toujours retenue,

Il a toujours le même regard,

Dont vous vous détournez,

Hiver comme été,

Mais qu'est-ce que vous croyez,

Qu'il a pris ses congés payés ?

Que le soleil suffit pour soulager sa peine ?

Pour lui pas de sable fin,

Encore le bitume infâme pour étaler son âme,

Lui sa peau burinée,

N'a pas le goût de la mer,

Mais le goût amer de votre indifférence...

Mais qu'est-ce que vous croyez ?

Pour lui pas d'été, pas d'hiver,

Juste une vie de l'autre  côté,

Où vous n'allez pas passer votre été ....

Véronique Blandin